Entretien des espaces

Espaces publics : quand la biodiversité reprend ses droits

La Ville de Plœmeur est engagée depuis des années dans la réduction de l’impact sur le climat et la biodiversité de l’activité de ses services ainsi que celle de l’ensemble du territoire… Le plan de gestion différenciée, traduit cette volonté. Il est révisé régulièrement face à l’évolution des enjeux, en particulier avec la baisse préoccupante de la biodiversité et des populations d’abeilles. En effet, en 2015, une étude très alarmante dans la revue Science Advances, des chercheurs américains et mexicains concluaient que la faune de la Terre était d’ores et déjà en train de subir sa sixième extinction de masse.


Une richesse insoupçonnée dans les espaces verts

Certaines plantes sauvages sont qualifiées injustement de mauvaises herbes malgré des vertus reconnues. Les balades botaniques organisées dans le cadre la Semaine des alternatives aux pesticides, ont d’ailleurs permis de constater que les espaces publics possèdent une richesse .

 

Et si nous laissions vivre ces « mauvaises herbes » ?
Les plantes qui s’installent dans nos quartiers, même portant le nom de « mauvaises herbes » ont toutes une utilité plus ou moins connue :
· culinaire,
· médicinale,
· mellifère (production de miel),
· et bien souvent les trois utilités à la fois.

Les tolérer et les laisser se développer, c’est augmenter la diversité et établir un équilibre écologique qui contribue à la régulation naturelle des ravageurs et des maladies. Appelées à disparaître sous nos tondeuses, et si le printemps et l’été 2020 étaient une opportunité pour valoriser leurs qualités et laisser ces plantes enrichir durablement nos pelouses ?

Des « mauvaises herbes » utiles
Les utilités de certaines de ces plantes :
– Le trèfle rose (Oxalis articulata) fleuri pendant 5 mois, il est utilisé en permaculture (maintient la fraîcheur au pied des plants sans appauvrir le sol)
Le plus : il est comestible
– Le coquelicots (Papaver rhoeas) un seul plant peut produire jusqu’à 20 000 graines ! Imaginez les tapis colorés visibles de loin si personne ne vient les déranger…
– La Centaurée scabieuse (Centaurea scabiosa) : ses fleurs violettes, jaunes ou blanches font de jolis bouquets et ses jeunes feuilles se dégustent en salade. Elle était autrefois utilisée contre la gale, d’où l’épithète spécifique scabiosa (du latin scabies, gale).
A savoir : espèce menacée à l’échelle régionale.

 

Label Zéro Phyto

La Ville de Plœmeur est labellisée « Zéro Phyto » depuis 2020. La commune est récompensée pour avoir abandonné l’usage de produits phytosanitaires.

Entretien des espaces

Élaboré dès 2005, le plan de gestion différenciée de la Ville de Plœmeur ne cesse de d’adapter ses objectifs en matière d’entretien de l’espace public en fonction de l’usage et de l’attente des plœmeurois.

Il vise, selon la fonction principale de l’espace public, soit à privilégier une image et un savoir faire horticole des équipes – ce sont les espaces dits de « représentation » – soit à créer les conditions d’un usage quotidien d’activités extérieures – ce sont les espaces de proximité – ou encore à donner la priorité absolue au respect de la biodiversité dans les espaces naturels….

Depuis 2019, la ville est par ailleurs en zéro phyto complet, y compris les cimetières, terrains de sport et cales de mise à l’eau.

A l’occasion de la crise sanitaire début 2020, est apparu l’intérêt de faire évoluer un peu plus nos efforts vers le respect de la richesse des espèces sauvages qui enrichissent la qualité de notre environnement.

Les fiches descriptives qui suivent n’ont pas encore pris en compte cette évolution, car leur modification nécessitera à la fois la prise en compte de l’expérience du printemps 2020, une nécessaire écoute du ressenti de tous, et une réflexion partagée sur nos attentes vis-à-vis de notre cadre de vie et de nos espaces communs.

Elles permettent néanmoins d’alimenter cette réflexion en rappelant quels sont les principaux usages de l’espace public et comment l’entretien cherchait à les favoriser.

 

 

Eco-pâturage

ÉCO-PÂTURAGE AVANT LA PLANTATION D’UN BOISEMENT

Dans le cadre de son plan de gestion de  la forêt urbaine, la ville s’est engagée dans un vaste programme de replantation de boisements.

Les objectifs de ces créations sont multiples : favoriser la biodiversité en sélectionnant des espèces locales, majoritairement feuillues et adaptées au climat, créer des espaces paysagers agréables à la promenade, mais également avoir une soutenabilité économique, donc aptes à être exploités régulièrement, sans toutefois procéder à des coupes rases….

L’éco-pâturage est alors apparu comme un complément très intéressant à cet objectif : plutôt que raser une parcelle avec des gros engins débroussailleurs qui éliminent autant les plantes intéressantes que les plantes nuisibles au boisement, on peut, avec cette technique, débroussailler tout en conservant des plants intéressants pour l’avenir.

Rue Saine-Anne, par exemple, des chèvres ont été privilégiées car elles seront mieux adaptées aux caractéristiques du lieu : broussailles, ronces… elles n’hésitent pas à grimper un peu aux arbres pour finir de grignoter le lierre dont elles raffolent !

Surveillées en permanence afin de leur garantir des conditions optimales pour le bien être animal, elles doivent mener à bien la préparation de la parcelle en vue d’une plantation forestière en fin d’année.

 

ÉCO-PÂTURAGE SUR LA ZONE HUMIDE DE BRIANTEC

Cette action d’éco-pâturage s’inscrit pleinement dans le plan de gestion différenciée soulignant la volonté de la Ville de réduire l’impact de l’activité de ses services sur la biodiversité et le climat. Elle consiste à entretenir un site situé à Briantec, rue Martin Luther King.

Le site, d’une surface d’environ 6.000 m², composé de friches partiellement arborées, partiellement en prairie, avec la présence d’une mare, se prête à un entretien par éco-pâturage à l’année.
Il s’agit dans un premier temps d’introduire entre le printemps et l’automne des chèvres des Fossés qui affectionnent les ronciers afin d’ouvrir le milieu et de permettre à la prairie de réapparaître à moyen terme. Puis progressivement, introduire des moutons d’Ouessant (ou Landes de Bretagne).
Le nombre d’animaux sur la pâture sera par la suite ajusté en essayant de favoriser une présence des animaux sur une grande partie de l’année.

Pour s’assurer de sa réussite, les habitants sont pleinement impliqués dans le projet. Pour ce faire il a été prévu :
• Une rencontre lors de l’installation des animaux.
Cette rencontre a été l’occasion de présenter les animaux et la démarche d’éco-pâturage. Et, d’inviter les habitants devenir « parrains volontaires » participant à la surveillance des animaux et en contactant l’entreprise si un problème est constaté.

• Des animations au cours de l’année.
Au cours de l’année, les parrains volontaires seront invités à une ou plusieurs animation(s) avec les Tontons Tondeurs.
Exemple d’animation : La tonte des animaux + séance de soin (au début de l’été)

 

À consulter :

– Les tontons tondeurs éco‑pâturage en Bretagne – L’entretien écologique et économique des espaces verts en toute sérénité : http://lestontonstondeurs.fr/

– L’entreprise d’insertion : http://www.optim-ism.fr/

Reboisement

Dans un objectif de gestion éco responsable du patrimoine arboré, la commune a des projets de boisements sur son territoire.
Le double objectif de cette démarche est :
• la compensation des arbres supprimés sur la commune pour raisons diverses (maladie, nuisance ou dangerosité de l’arbre),
• et d’autre part, le souhait de la collectivité de s’inscrire dans une production de boisements répondant aux objectifs de production en bois énergie et en bois d’œuvre ou bois bûche.
Les plantations sont conçues de façon à permettre un entretien mécanisable ainsi qu’une valorisation au mieux dans le respect des objectifs écologiques. Le choix des essences d’arbres est effectué de façon à favoriser la production mellifère.

 

Cette démarche, initiée depuis 2018 par la plantation d’une première butte à Pénescluze, se poursuit chaque année et permet de comptabiliser plus d’un hectare de plantations. Certaines d’entre elle intégrant de l’éco-pâturage au préalable :
• Parc Kerihuer au niveau de la rue St Anne (4200 m² – 9200 €*)
• 2ème butte de Pénescluze (2200 m² – 6000 €*)
• Plaine Oxygène à l’ouest (4200 m² – 9700 €*)
(*hors éco-pâturage)

reboisement